
Ma rentrée Il y a 33 ans je commençais la grande école!
Après un déménagement dans un nouvelle ville, un autre canton durant l’été, il y a 33 ans j’endossais mon sac à dos pour aller sur les bancs d’école.
En écrivant ces premières lignes, mon ventre se serre déjà…comme quoi, il y a des choses qui prennent du temps à être digérées.
Le premier jour, je suis arrivée en retard, pour des raisons familiales. L’après-midi, je me suis perdue, parce qu’on m’a laissé y aller seule.
Et pendant les six premiers mois c’était le black-out! Rien compris. Devoir s’asseoir, tenir un crayon, calculer. Alors que j’ai assez bonne mémoire, je ne me souviens plus de ce qui s’est passé durant ces 6 premiers mois.
Des nouveaux codes, une maison en pagaille, un déracinement, sens dessus-dessous…
6 mois pour atterrir. 6 mois pour comprendre. 6 mois pour que je puisse saisir les mots de la prof (ohhh je parlais très bien français, mais ses consignes semblaient une langue étrangère).
Atterrir, descendre, s’incarner, se structurer, stopper les rêves et les jeux de poupées, sans parler du père Noël qui n’existe pas…si c’est ça le monde réel…devais-je vraiment m’y plier? m’y faire? m’y adapter? Oui je n’ai pas eu le choix…j’aurais souhaité que le passage du monde symbolique au monde réel, de l’imaginaire au concret se fasse avec plus de douceur…et ça nous ne le choisissons pas enfant!
Alors, alors…je connais et comprends les maux de ventre, les ongles rongés, la rêverie, la peur, les palpitations, les black-out.
Aujourd’hui oui quand j’y repense c’est encore douloureux, car c’est très insécurisant. Mon parcours m’a permis d’y trouver une raison. Ma sagesse de la compréhension et une mission. Car même si je pensais être la seule…je ne l’étais pas. Hypersensible, je ne connaissais pas ce terme et les professionnels encore moins. Merci à l’évolution de pouvoir me reconnaître un bout…parce qu’au début on aurait dit:déconnectée, en marge, à l’ouest!
Non, juste hyper sensible. Alors ce texte est un témoignage de guérison et de preuve que de son hypersensibilité on peut en faire une force,une mission, une raison de vivre, une oeuvre d’art!
Car après 6 mois, j’ai aimé l’école et j’aime encore et toujours apprendre!
Si ce que j’ai vécu il y a 33 ans me sert aujourd’hui à aider les enfants qui ont mal au ventre, dorment mal, sont stressés à l’idée d’aller à l’école, alors je remercie cette expérience (c’est ça la sagesse!).
Heureusement le système scolaire se sensibilise, les parents cherchent de l’aide pour leur enfant, souhaitent partager leur expérience car ils ne sont pas tout seuls et au contraire finalement on est tous dans le même bateau.
Aujourd’hui, je souhaite à tous les enfants une excellente rentrée, et à mon fils qui me prouve qu’elle peut se vivre comme sur des roulettes, des années d’école et d’apprentissage merveilleuses.
Avec gratitude. Aline