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Vais-je continuer à parler d’hypersensibilité ?

Depuis quelques années (dois-je dire depuis qu’elle s’est grandement démocratisée!) elle est devenue effet de mode et presque « fourre-tout ».

Mon collègue et ami Saverio Tomasella, par ses écrits, par ses recherches, m’a convaincu qu’il était temps de parler de haute sensibilité…parce que le hyper est associé à d’autres troubles et pathologies.

La haute sensibilité ou l’ultra sensibilité n’est pas une maladie, mais un trait de caractère…et en rajoutant mon grain de sel, j’aime dire : « une façon de voir le monde ». Lorsque j’utilisais le mot hyper, c’était bien pour suggérer l’ultra dont décrit Saverio. Cette intensité vécue par moment, lorsque nos sens, nos émotions, nos perceptions, nos besoins de créations sont à leur paroxysme.

Pour celles et ceux qui m’ont déjà entendue, je le proclamais haut et fort: « Dès le moment que l’hypersensibilité sera diagnostiquée et considéré comme pathologique, je cesserai d’en parler. Les études réalisées par Saverio et ses collègues tchèques me le confirment (L’hypersensibilité décrirait un déficit chez la personne, serait souvent considérée comme un problème qui peut être traité et atténué, peut être liée à une hyposensibilité dans d’autres domaines (typique de l’autisme) et pertinente pour le DSM (un symptôme possible de TSA, d’anxiété, de traumatisme, de trouble de la personnalité limite, etc.)). Et je n’ai jamais eu l’intention, étant donné mon parcours et mes compétences professionnelles, de faire référence à cela dans mon cabinet.

Il est donc temps d’utiliser la bonne nomenclature : haute sensibilité. En plus, c’est beau, non ?

Alors je vous demande d’être indulgent.es, car le mot hypersensibilité me colle à la peau depuis, en tous cas, 8 ans et ma langue risque de fourcher de nombreuses fois encore…

Mais je vous avoue qu’en lisant l’étude de Saverio, j’ai remarqué à quel point, il était bon d’être hautement sensible… Si, si, je vous l’assure. Emue, j’avais l’impression qu’il me décrivait enfant. Qu’est-ce que j’aurais aimé que mes parents et professeurs aient connaissance de ces écrits. Et même si elle a été souffrante parfois, aujourd’hui, je la trouve belle cette haute sensibilité.

Alors oui quelques fois les émotions débordent, oui quelques fois les relations nous obligent à nous positionner, oui quelques fois encore l’environnement dans lequel nous travaillons et vivons demande à être revisité…parce que l’ultra sensibilité est une boussole. Un nord intérieur pour plus d’harmonie et d’équilibre.

Elle a une telle finesse, une telle subtilité qu’elle met le doigt sur toutes les incohérences, les incongruences, les non-dits, les désalignements…elle perçoit. Tel un œil de lynx. Et les enfants qui ont une haute sensibilité, en plus de percevoir, font éclater ce qui a besoin d’être remis en ordre. Ce qui a besoin d’être corrigé. « Rectifié » dirait Patrick Burensteinas, alchimiste.

Donc, je l’affirme, c’est une chance d’avoir une haute sensibilité et nous avons à la préserver pour qu’elle puisse éclore et sublimer notre monde.

J’encourage tou.t.es les professionnel.l.es de l’enfance et les parents à lire sur ce sujet afin de pouvoir offrir aux enfants qui ont cette caractéristique toutes les chances de mieux la vivre et surtout de la « mettre à profit » de tous les êtres qu’ils rencontrent sur leur chemin.

Je tiens à remercier les étudiants de l’ESEDE qui, par leur questionnement, m’ont permis d’aller plus en profondeur dans mes connaissances et d’ancrer davantage mon savoir. Merci également à Saverio Tomasella pour sa grande générosité et ses recherches précieuses sur ce sujet qui nous tient à cœur, tous les deux. J’aime quand l’ultrasensibilité créé des ponts, des émulsions, rassemble…elle humanise.

 

Référence:

« Comment accompagner les enfants et les adolescents ultrasensibles : guide pour les enseignants », créé par : EDUcentrum – République tchèque Observatoire de la Sensibilité – France Institut pro vysokou citlivost – République tchèque Ondrej Bederka, Ivana Bibzová, Lydia Bossard-Molinier,Ondřej Fafejta, Jitka Háková, Magdaléna Hanáčková, Saverio Tomasella

 

Tombé du ciel

Aline Fridez
Chemin de Forny 6
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